L’assiette entre nos mains

Le monde des innovations bouillonne pour valoriser nos aliments et, au final, nous aider à manger mieux. Aperçu de trois initiatives, gagnantes des Grands Prix DUX 2019, permettant de mieux comprendre et connaître ce que l’on met dans notre assiette. | Par Catherine Lefebvre, nutritionniste

Il est bien connu que la traçabilité des aliments qui composent notre assiette est un allié précieux pour savoir d’où proviennent nos aliments, qui les a produits et comment ils ont été cultivés. Cela nous permet non seulement de leur accorder d’autant plus de valeur, mais aussi de les choisir avec grand soin pour le bien de notre santé, de l’environnement et des gens qui nous nourrissent. Tel que vu dans le magazine LE must, voici trois initiatives qui abondent dans ce sens.

Poussés par un vent de changement

Un peu partout au pays, des agriculteurs et des éleveurs transforment notre système alimentaire, de manière à nous rapprocher de la terre de chez nous et de reconnaître davantage tout le travail qui se cache derrière les aliments que nous mangeons chaque jour. Du même coup, cela nous invite chaleureusement à choisir leurs produits ou à parler de leur projet pour encourager leur démarche et réfléchir à nos propres choix alimentaires.

Élevé par un producteur canadien

Élevés chez nous, pour nous

Comme nous avons pu le constater aux Grands Prix DUX de cette année, des programmes existent et se démarquent pour assurer la traçabilité des élevages. C’est le cas du programme Élevé par un producteur canadien, des Producteurs de poulet du Canada, gagnant du prix Producteur. Le programme a son propre logo qui permet aux consommateurs de s’assurer de la provenance du poulet qu’ils achètent et de confirmer que celui-ci est élevé selon des normes strictes, basées sur les normes de pratiques élevées du Conseil national pour les soins aux animaux d’élevage (CNSAE). Il n’y a pas si longtemps, il était presque impossible de connaître la provenance et la méthode de pêche d’un poisson, par exemple. La traçabilité a fait un pas de géant dans ce secteur au cours des dernières années. Et c’est tant mieux !

Des leçons de jardinage

À plus petite échelle, une bonne façon de comprendre l’importance de l’agriculture est d’avoir les mains dans la terre. Il n’est donc pas étonnant de voir pousser de nombreux projets d’éducation en alimentation et en agriculture urbaine dans les établissements scolaires. Prenons l’exemple de la Techno-ferme du Collège Villa Maria à Montréal, qui a remporté le Grand prix DUX
2019 de l’Entreprise non alimentaire – Institution dans la catégorie Projets.

L’idée est pleine de sens. La Techno-ferme comprend des lopins de jardin, des installations agricoles expérimentales et un programme de compostage. L’espace permet aussi d’intégrer des notions de science et de technologie enseignées dans les cours théoriques. Quoi de plus valorisant que de manger des aliments frais et locaux qu’on a fait pousser soi-même ? Et en plus de promouvoir de saines habitudes alimentaires chez les adolescents, l’initiative se donne comme objectif de partager avec la communauté en distribuant une partie des récoltes aux banques alimentaires avoisinantes. Voilà une belle leçon d’économie circulaire !

Joindre l’utile au cultivable

Le projet d’agriculture périurbaine Cultiver l’Espoir de l’organisme Regroupement Partage met à profit des terres cultivables non ou sous exploitées en faisant appel à de jeunes décrocheurs en réinsertion sociale. Résultat ? Ils ont produit pas moins de 120 tonnes de légumes racines biologiques ! Ainsi, un peu plus de la moitié (55 %) des choux, des carottes et des rutabagas récoltés ont été distribués dans les banques alimentaires avec lesquelles l’organisme collabore. Le reste des récoltes a été vendu en épicerie à un prix similaire à celui des mêmes légumes non biologiques. Sans surprise, ce projet est avantageux à plusieurs égards. Il permet notamment de :

  • nourrir 60 000 familles montréalaises dans le besoin
  • favoriser l’accès à des aliments biologiques et locaux
  • protéger des terres agricoles et ainsi améliorer l’autonomie et la souveraineté alimentaire des Montréalais.
  • encourager les consommateurs à cuisiner les légumes racines, des dégustations sont proposées aux bénéficiaires des banques alimentaires partenaires.

Pour la saison 2019, la superficie de la culture a été augmentée et un quatrième légume a été ajouté : la betterave biologique.

CarolineL’assiette entre nos mains

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *