Les deux côtés de la médaille de : l’achat local

L’achat local est sur toutes les lèvres. Il s’agirait d’une solution pour diminuer notre impact environnemental. Mais l’est-ce réellement? Pour vous faire une opinion éclairée sur le sujet, voyez les deux côtés de la médaille. | Par Mathilde Condrain-Morel

 D’abord, il faut savoir que la notion d’achat « local » peut prendre plusieurs formes et n’est pas la même pour tout le monde. Acheter local, est-ce acheter un produit dont la distance nous en séparant est moindre? Est-ce se fier à l’origine d’une entreprise ou plutôt à l’emplacement de son siège social? Finalement, acheter un produit de l’Ouest canadien, est-ce mieux que d’en choisir un produit au Sud de notre frontière et qui a parcouru moins de kilomètres?

Malheureusement, il n’y a pas de réponse définitive à ces questions et votre manière d’acheter local dépendra également de vos préoccupations premières, qui peuvent être d’ordre environnemental ou économique, entre autres. Voici tout de même quelques points généraux sur l’achat local qui vous offrent les deux côtés de la médaille de cette tendance grandissante.

 AVANTAGES

  • Meilleur pour l’environnement

Deux côtés de la médaille: Achat localLes produits dits locaux ont généralement parcouru moins de kilomètres pour se rendre jusqu’à nous. Ceci permet donc de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées au transport et à la réfrigération des camions. Considérant que la distance moyenne parcourue par les produits alimentaires en Amérique du Nord est de 2 600 km, réduire au maximum cette distance peut limiter considérablement les émissions de GES.

  • Favorise l’économie

En encourageant nos producteurs et nos transformateurs, on contribue à la santé économique de la province ou du pays. On aide à créer de l’emploi, à dynamiser les régions et à occuper le territoire en le rendant attrayant. Pascale Tremblay, agronome et présidente-directrice générale de CARTV, reconnaît le savoir-faire agricole et agro-alimentaire du Québec et estime qu’il a une valeur à l’étranger. Son plaidoyer est clair : « Favorisons une agriculture et reconnaissons son apport pour ce qu’elle apporte en environnement, en innovation. Démarquons-nous avec des produits d’exception. »

  • Contrôle de la qualité

Selon Marie Beaudry, directrice générale d’Aliments du Québec, les normes canadiennes et québécoises sont parmi les plus sévères au monde. Lorsqu’on fait le choix d’un produit local, on est donc assuré que de hautes exigences ont été rencontrées et qu’on se procure alors un produit de meilleure qualité.

Deux côtés de la médaille: Achat local

INCONVÉNIENTS

  • Pire pour l’environnement, en basse saison

Produire des aliments en hiver au Québec nécessite beaucoup plus d’énergie que de le faire dans des régions où le climat est propice à cette production. Une majorité des émissions de CO2 proviendrait d’ailleurs de la production et non du transport. La solution pourrait se trouver dans la production à grande échelle et dans l’exportation. C’est le point de vue de Pierre Desrochers, professeur à l’Université de Toronto Missisauga, dont le discours est simple : « Spécialisons-nous dans ce qu’on fait de mieux, et exportons. » Son ouvrage, The Locavore’s Dilemma : In Praise of the 10,000-mile Diet, prône d’ailleurs l’achat d’aliments locaux en saison seulement.

  • Le manque de variété

Malheureusement, encore une fois à cause de notre climat, l’achat local réduit la variété des produits offerts, surtout hors-saison. S’approvisionner de façon locale nécessite des sacrifices et la diversité fait souvent partie du lot. Or, une variété des produits aide à faire diminuer le coût du panier d’épicerie.

 

Au final, acheter local est devenu un enjeu social qui se traduit par un engagement plus ou moins grand selon nos valeurs, mais également nos besoins. Les mots d’Isabelle Marquis, consultante en communication et marketing alimentaire, résument bien ce que manger local peur représenter : « La valeur de manger local revient à l’ensemble de l’œuvre. On doit continuer à mettre en valeur l’expertise, la spécificité et ce que notre sol, notre environnement et notre savoir-faire ajoutent à un aliment produit ici. Il faut s’ouvrir à tous ces éléments pour voir la qualité du produit et identifier les volets humains et de plaisir qui s’y rattachent. Il y a clairement une dimension culturelle à l’achat local. »

Et vous? Quel choix faites-vous ?

CarolineLes deux côtés de la médaille de : l’achat local

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